Chantal SEBIRE, une femme de 52 ans, défigurée par une tumeur évolutive des sinus et de la cavité nasale incurable, vient d’intercepter la justice pour lui demander d’autoriser son médecin de lui donner la mort. La garde des sceaux Rachida DATI est opposée à la légalisation d’une loi sur l’euthanasie en France.
Jeudi sur France Inter Rachida DATI affirmait que le juge de Dijon qui statuera le 17 mars ne pouvait que répondre négativement à cette demande, en l'état actuel du droit français. Cette dame demande à la justice de pouvoir exonérer de la responsabilité pénale le médecin pour lui administrer une substance létale, pour l'aider à mourir", déclare la ministre. « Ce n'est pas notre droit. Nous avons fondé notre droit, et aussi bien la Convention européenne des droits de l'homme, sur le droit à la vie. »
La garde des sceaux est également opposée à une réforme, cette dernière estime qu’il n’est pas du devoir des médecins d’administrer des ‘’substances létales’’ mais plus tôt de sauver des vies. Ce débat nous fait penser à l’affaire Vincent HUMBERT qui date de 2003 où un jeune homme totalement paralysé, muet et aveugle après un accident a eu une mort provoquée par des médecins.
C’est la première fois que la justice doit se prononcer sur une requête faite par une personne en vie. Le tribunal de grande instance de Dijon rendra sa décision lundi prochain. Le premier ministre François FILLON juge que le débat sur l’euthanasie active a atteint les limites de ce que la société peut dire, de ce que la loi peut faire.
Madame ROYAL, candidate socialiste s’est exprimée pour une loi qui autoriserait l’aide active à mourir dans les cas extrêmes, lors de la dernière campagne présidentielle. Le chef de l’état Nicolas SARKOZY veut déterminer si toutes les alternatives de la médecine ont été essayées dans le cas de Madame SEBIRE. ‘’La loi LEONETTI de 2005 autorisant les médecins en accord avec sa famille, à limiter ou interrompre un traitement inutil, est assez équilibrée’’ ‘’on évite l’acharnement thérapeutique’’ pense Rachida DATI. De même Christine BOUTIN n’approuve pas, car elle affirme : « une instrumentalisation de la détresse » de Chantal SEBIRE, « Cette femme n’est pas suffisamment entourée de médecins qui l’aident à ne pas souffrir » dit-t-elle avec regret. Madame Boutin prévient que s’il l’on fait sauter le verrou de donner la mort, nous allons vers une société barbare.