Des milliers de retraités ont manifesté jeudi à Paris et dans les grandes villes à l'appel des syndicats pour demander une augmentation des pensions, jugeant totalement insuffisante la hausse de 1,1% intervenue en janvier. La manifestation parisienne a rassemblé 3.000 personnes, selon la police, et 10.000 personnes selon les syndicats, avec la présence notamment de Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT.
A Marseille, 600 personnes, selon la police, ont défilé sur le Vieux-port. Dans l'Ouest, toujours selon la police, 750 personnes ont manifesté jeudi matin à Nantes et 300 à Rennes. D'autres rassemblements ont notamment regroupé de 700 à 1000 personnes à Toulouse et de 800 à 1500 à Lyon.
De nombreuses banderoles demandaient la suppression des franchises médicales et la prise en charge de la dépendance par la Sécurité sociale.
A Paris, le cortège était composé en majorité de retraités de la fonction publique, mais certains étaient venus à titre individuel, en couples, marchant parfois en s'aidant de cannes.
"Je suis un pauvre con de l'Archèche", affichait sur son dos un marcheur, clin d'oeil au chef de l'Etat. Les personnes interrogées par Reuters affirmaient toutes avoir changé leurs habitudes en raison de la hausse des prix.
"Je voyageais plus avant, maintenant je pars moins en vacances, ou alors chez des copains. On fait aussi attention de ne pas chauffer toutes les pièces, parce que c'est trop cher", a dit Thérèse Gasnier, 68 ans, retraitée de Ris-Orangis (Essonne).
Selon Bernard Thibault (CGT), qui a fait une apparition au début du cortège parisien, cette journée a constitué "un signe en vue du rendez-vous 2008 des retraites", c'est-à-dire les discussions avec le gouvernement sur une nouvelle réforme des retraites.
Nicolas Sarkozy a promis d'augmenter les "petites" retraites et de relever le minimum vieillesse de 25% d'ici 2012. Une avance de 200 euros est annoncée pour le "minimum" fin mars.
Les syndicats affirment que la paupérisation des retraités est d'ores et déjà une réalité, notamment pour les femmes, dont les carrières sont souvent incomplètes ou peu rémunératrices. Un tiers des retraitées toucherait moins de 700 euros par mois, et la moitié moins de 900 euros, selon la CGT.
Le premier syndicat français réclame notamment un rattrapage immédiat de 200 euros pour tous les retraités, l'instauration d'un minimum au niveau du Smic et l'augmentation des pensions de "réversion" versé aux veufs et aux veuves au titre de leur conjoint décédé.